Autoday

Guerre des prix, retour de la 2CV et bornes de la colère

Illustration de la future 2CV (2028) "Spot" par le média The Automobilist, d'après les premières images dévoilées en conférence de presse.

Électrique : le coup de massue venu d’Asie

Le séisme de Leapmotor

C’est incontestablement l’une des annonces qui fait trembler le marché européen ces derniers jours. Leapmotor, désormais sous l’égide du groupe Stellantis, dégaine sa compacte électrique B05 à un tarif défiant toute concurrence : 25 400 €.

Pour bien mesurer l’ampleur du coup de force, ce tarif la positionne 8 000 € sous une MG4 EV, qui fait pourtant figure incontournable du segment. Côté batterie, la version d’appel « Pro » (56,2 kWh) promet 401 km d’autonomie WLTP (218 ch), tandis que la version « ProMax » (67,1 kWh) pousse jusqu’à 482 km pour 2 000 € de plus (01net.com).

Il est néamoins essentiel de mentionner que la MG4 Urban, souvent citée comme référence sur le même segment, propose en réalité des tarifs encore plus agressifs en ce moment. Grâce à une offre de lancement valable jusqu’au 30 juin 2026, la MG4 Urban est disponible à partir de 19 990 € (après une remise de 5 005 €), avec un prix catalogue de départ à 24 995 € pour la version d’entrée (149 ch, batterie 43 kWh) (L’argus).

L’offensive de Chery

Le groupe chinois Chery déploie une stratégie d’invasion particulièrement habile, parfaitement consciente des contraintes douanières et des règles du bonus écologique qui pénalisent les véhicules assemblés loin du Vieux Continent.

Plutôt que de foncer tête baissée avec du 100 % électrique, Chery lance son SUV compact Omoda 4 en misant d’abord sur l’hybride non rechargeable (SHS de 224 ch). Une motorisation thermique servant de générateur pour le bloc électrique, similaire à ce que fait Honda, qui permet de contenir les consommations tout en échappant aux barrières tarifaires punitives de Bruxelles (Auto Moto).

En parallèle, Chery dégaine sa nouvelle marque ICaur (avec un « u » subtilement ajouté pour éviter les foudres d’Apple). Le fer de lance s’appelle V27, un immense SUV de 5 mètres au design « boxy » assumé, lorgnant sans complexe du côté du Land Rover Defender. Avec ses deux moteurs électriques, son prolongateur d’autonomie thermique et ses 449 ch, il s’affiche autour des 40 000 €. Soit le prix d’un banal SUV urbain européen pour des prestations de baroudeur premium (Caradisiac).

La promotion exceptionnelle chez Mazda

Si la fabrication chinoise est une arme redoutable pour tirer les prix vers le bas, elle peut aussi devenir un fardeau fiscal. La nouvelle Mazda 6e, grande berline familiale développée avec Changan et produite en Chine, en fait l’amère expérience.

Privée du précieux bonus écologique, la belle japonaise peine à exister face à la Tesla Model 3. Pour compenser, Mazda est contraint de sortir l’artillerie lourde avec des remises vertigineuses pouvant atteindre 8 000 € sur des modèles de démonstration, ou des offres de LLD agressives. Un sacrifice financier indispensable pour faire descendre son tarif à 36 900 €.

L’audace aérodynamique venue de Corée

Hyundai affiche de fortes ambitions sur le segment B électrique avec la future Ioniq 3, attendue pour l’été/automne 2026. Elle se distingue par un profil aérodynamique tronqué qui lui confère un excellent Cx de 0,26.

Basée sur la plateforme partagée avec la Kia EV2, elle proposera deux configurations de batteries : 42,2 kWh (147 ch, 335 km d’autonomie) et 61 kWh (136 ch, 490 km d’autonomie) (Moniteur Automobile).

Le retour de la puce des villes

Après l’arrêt de la Fortwo EQ en mars 2024, Smart prépare sa relève avec le Concept #2 présenté au Salon de Pékin, qui annonce le modèle de série prévu pour le Mondial de Paris en octobre 2026.

Fidèle à sa silhouette cubique monovolume avec les roues « aux quatre coins », cette stricte deux-places reste ultra-compacte avec ses 2,79 m de long. Basée sur la nouvelle plateforme du groupe chinois Geely, elle promet une autonomie proche des 300 km, une recharge de 10 à 80 % en moins de 20 minutes et l’adoption de la technologie V2L (L’argus).

La réponse Européenne par Stellantis

Le retour de la 2CV et la riposte Fiat

Face à cette déferlante asiatique, la riposte européenne s’organise en interne chez Stellantis, avec une agressivité tarifaire inédite chez Fiat. La marque italienne a décidé de bousculer l’entrée de gamme en faisant chuter le ticket d’entrée de sa 500e à seulement 13 900 €.

Bien sûr, ce tarif plancher implique de cumuler la prime CEE maximale (6 100 €) et l’aide à la reprise. Si la 500e (et ses 190 km d’autonomie) joue la carte de la citadine coup de cœur, la véritable affaire rationnelle se trouve du côté de la Grande Panda. Affichée au même prix de 13 900 € (aides déduites), elle offre une polyvalence redoutable avec 320 km de rayon d’action et une recharge rapide de 100 kW. Une offre calibrée millimètre par millimètre pour séduire les budgets serrés cherchant à basculer vers l’électrique (Automobile Propre).

Le constructeur italien profite de cet effervescence pour officialiser son tout nouveau SUV, le Grizzly, appelé à succéder à la Tipo. Positionné juste au-dessus de la Grande Panda, dont il reprendra le style anguleux, il sera décliné en version coupé sous le nom de Grizzly Fastback. Ces modèles, proches cousins des Citroën C3 Aircross et Opel Frontera, partageront leurs motorisations électriques et électrifiées pour une présentation conjointe au Mondial de Paris 2026 (Auto Plus).

Pour renforcer l’offre de véhicules accessibles au sein du groupe Stellantis, le fabricant transalpin présente aussi la Pandina, une citadine électrique à moins de 15 000 € prévue pour 2028, dérivée de la future Citroën 2CV…

... Car c’est la grande nouvelle de ce mois de mai : la mythique « dodoche » va renaître sous forme 100 % électrique, avec une silhouette définitive révélée en concept au Mondial de l’Auto de Paris.

Enfin, la marque turinoise étoffe sa gamme de micro-mobilité avec une version 4 places de la Topolino, la Quattrolino, ainsi qu’un tri-porteur au design original.

Jeep Avenger restylé

Lancé en 2022 en profitant pleinement des synergies de Stellantis, le Jeep Avenger est devenu un véritable poids lourd commercial avec plus de 270 000 commandes à son actif en Europe. Pour maintenir sa dynamique, le SUV citadin se pare d’un restylage discret mais efficace : une face avant inspirée du Compass, des projecteurs matriciels à LED en haut de gamme et deux nouvelles teintes, tandis qu’une série limitée « 85th Anniversary » se distingue par des touches dorées et des jantes diamantées noir et or. (Turbo).

Affiché à partir de 25 590 €, l’Avenger propose toujours ses versions électrique (156 ch, 400 km d’autonomie), e-Hybrid (110 ch) et 4xe (145 ch, intégrale). D’ores et déjà commandable pour des livraisons en septembre, avant sa présentation au Mondial de l’Auto (Turbo).

Opel Corsa GSE

Opel ressuscite l’esprit des légendaires GSi avec sa nouvelle Corsa GSE, une citadine sur prise qui entend prouver qu’on peut bel et bien s’amuser derrière le volant. Avec 281 ch, 345 Nm de couple et un 0 à 100 km/h en 5,5 secondes, elle a de quoi séduire les puristes.

Mais son vrai atout réside dans son équipement de pistarde : différentiel autobloquant Torsen à l’avant, pneus Michelin Pilot Sport 4S de 18 pouces et freins Alcon à quatre pistons, un ensemble rarissime dans ce segment. Seule ombre au tableau : sa batterie de 54 kWh (51 kWh utiles), limitant l’autonomie à 370 km, ce qui pourrait poser question sur routes sinueuses en termes de gestion de l’énergie et de répétabilité des efforts (Passion & Car).

Tarifs DS N°7 E-Tense

DS Automobiles joue la carte de l’intelligence tarifaire avec son nouveau DS N°7 : la version de base, à 46 990 € (traction, 230 ch), est soigneusement calée juste sous le plafond des aides de l’État, permettant aux clients de bénéficier des primes CEE renforcées.

L’astuce réside dans la commercialisation des finitions haut de gamme (Pallas, Étoile, La Première) : proposées non pas comme des modèles distincts, mais comme de simples packs d’options à ajouter au tarif de base. Le prix catalogue hors options restant le critère officiel, les acheteurs peuvent ainsi s’offrir un véhicule luxueux sans perdre leurs avantages. Un coup de maître pour allier prestige et économies (Automobile Propre).

L’envers du décor : quand le quotidien coince en électrique

Une récente enquête de l’association UFC Que Choisir met un grand coup de pied dans la fourmilière et confirme ce que tous les gros rouleurs en électrique subissent au quotidien : le réseau de recharge public français est une jungle tarifaire.

L’étude dénonce des tarifs « illisibles » avec des écarts hallucinants pouvant frôler les 500 % pour une seule et même recharge. Par exemple à Langres en Haute-Marne : sur une borne identique, le prix du kWh peut passer de 0,30 € à 1,78 € (soit 490 % d’écart !) en fonction de la carte de mobilité ou de l’application que vous utilisez.

L’enquête pointe également du doigt des bornes beaucoup « trop souvent hors service » , couplées à des applications de géolocalisation qui fournissent des informations erronées ou obsolètes sur l’état de la station. À l’heure où l’Europe vise les 400 000 bornes d’ici 2030 , le temps de l’harmonisation des pratiques et de la transparence tarifaire doit venir vite pour ne pas braquer le grand public (UFC Que Choisir, L’Energeek).

En Bref…

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