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Point Actu : Milliards perdus, fin de la récré et alerte aux vols

En 2025, Stellantis enregistre une perte nette record de 22,3 milliards d’euros, tandis que Renault affiche un déficit conséquent de 10,9 milliards d’euros.

Gueule de bois financière et revirements stratégiques

C’est un véritable séisme financier qui secoue l’industrie automobile en ce début d’année 2026. Les constructeurs historiques font face aux dures réalités d’un marché de l’électrique qui ne pardonne pas les erreurs d’anticipation.

Les constructeurs français dans la tourmente

Le groupe Stellantis vient d’annoncer une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’exercice 2025. Il s’agit tout simplement de la deuxième perte la plus importante jamais enregistrée par une entreprise française. La cause principale de ce plongeon dans le rouge s’explique par une lourde charge exceptionnelle de 25,4 milliards d’euros, liée notamment à des ventes de voitures électriques bien plus faibles que prévu sur le marché américain. Si les volumes de ventes ont très légèrement augmenté (+ 1 %), le chiffre d’affaires global a tout de même reculé de 2 % pour s’établir à 153,5 milliards d’euros (Libération).

Chez Renault, l’ambiance n’est guère plus à la fête. Le constructeur au losange affiche une perte nette de 10,9 milliards d’euros. Bien que ce déficit pharaonique s’explique en grande partie par la dépréciation de la valeur de sa participation restante (35 %) dans son ex-allié Nissan, les résultats intrinsèques de la marque inquiètent également. Le bénéfice net de la firme (hors Nissan) s’effondre de 74 % pour tomber à 715 millions d’euros. Pour redresser la barre, le nouveau directeur général de Renault, François Provost, promet une cure d’austérité drastique avec des réductions de coûts de 400 euros par an et par véhicule (Auto Infos).

Électrique ou hybride ? Des stratégies diamétralement opposées

Face à ce ralentissement global du marché de l’électrique, les constructeurs n’ont plus la même boussole. Honda a décidé de faire machine arrière. Après avoir accusé 1,71 milliard de dollars de charges sur les trois derniers trimestres de 2025 à cause de sa politique électrique , la marque japonaise met fin à sa coopération avec General Motors et opère un retour assumé vers l’hybride. Son nouvel objectif est de doubler ses ventes sur ce segment pour atteindre 2,2 millions d’unités d’ici 2030 (20 minutes).

À l’opposé de ce rétropédalage, Polestar refuse de céder aux sirènes de l’hybride pour rassurer une clientèle hésitante. Michael Lohscheller, le patron de la marque, a été catégorique en fermant la porte à tout moteur thermique ou prolongateur d’autonomie : « nous n’aurons pas d’émissions ». La firme confirme donc son choix radical et maintient son cap 100 % électrique pour l’ensemble de sa gamme actuelle (Polestar 2, 3, 4 et 5) et future (Polestar 6 et 7) (Moniteur Automobile).

L’univers Tesla : Entre leadership, justice et changements de cap

Si certains constructeurs doutent, Tesla continue de tracer sa route, quitte à bousculer ses propres acquis et à délaisser ses modèles historiques pour embrasser un futur de plus en plus robotisé.

La fiabilité et la famille au cœur de la stratégie

C’est une petite révolution dans le monde des classements : pour la première fois en 2026, Tesla s’empare de la tête du palmarès de la fiabilité en France, détrônant le géant Toyota. Le magazine Auto Plus, qui renouvelle cette étude chaque année, souligne l’absence de pannes récurrentes, l’architecture électrique simplifiée offrant une sérénité que le thermique peine désormais à égaler (Frandroid, Auto-Journal).

En parallèle, Tesla s’attaque au segment très porteur des SUV familiaux avec une version 7 places du Model Y qui arrive enfin en France. Facturée 55 543 €, cette variante propose une troisième rangée escamotable tout en préservant un volume de coffre impressionnant, se posant en rival direct du Toyota RAV4 (Passion & Car).

© Tesla

Le pari de la robotique : adieu Model S et X

Mais pour Elon Musk, l’avenir ne se résume plus à vendre des voitures traditionnelles. Dans un virage stratégique radical, Tesla a annoncé l’arrêt de la production des « vieux » Model S et Model X dès le deuxième trimestre 2026. Ces modèles de luxe, qui ne représentaient plus que 3 à 6 % des ventes, cèdent leur place sur les lignes d’assemblage de Fremont au futur robot humanoïde Optimus.

L’objectif est clair : produire plus d’un million de ces robots par an. En complément, Tesla mise tout sur ses « robotaxis« , dont la production est annoncée comme imminente, avec un modèle économique basé sur l’abonnement au logiciel FSD (BFM Tech).

Guerre juridique : Tesla contre UNIBEV

Cette ambition se heurte toutefois à des obstacles inattendus. Tesla est actuellement engagée dans une bataille judiciaire contre l’entreprise française UNIBEV. Cette dernière a eu l’audace de déposer la marque « Cybercab » en France et aux États-Unis dès 2024, profitant du temps de latence du constructeur américain.

Tesla accuse UNIBEV de « squattage de marque », d’autant que la firme tricolore a également déposé les noms « Cybertaxi » et « Teslaquila ». Une procédure qui pourrait retarder les lancements officiels prévus pour avril prochain (Presse Citron).

L’offensive asiatique et la régulation du marché chinois

Pendant que l’Occident se réorganise, les constructeurs asiatiques affûtent leurs armes, tout en étant contraints par de nouvelles règles strictes sur leur marché domestique.

BYD et Jaecoo : Des produits toujours plus affûtés

BYD, le principal rival de Tesla, ne relâche pas la pression. Le constructeur vient de mettre à jour son SUV Atto 3 avec une version « EVO ». Malgré des améliorations notables (puissance de recharge accrue, nouvel écran rotatif de 15,6 pouces), le prix reste figé à 38 990 € pour l’entrée de gamme, une stratégie agressive pour conquérir le marché européen (Auto-Moto.com).

De son côté, la jeune marque Omoda Jaecoo prépare l’arrivée du Jaecoo 8 en France. Ce grand SUV de 4,80 m, doté d’une motorisation hybride rechargeable de 428 ch, promet plus de 130 km d’autonomie en mode électrique, ciblant directement les Peugeot 5008 et Renault Espace (Turbo.fr).

Surprenant retournement de situation : le gouvernement chinois a décidé de réguler fermement l’habitacle des voitures modernes pour des raisons de sécurité. Pékin impose désormais le retour des boutons physiques pour les fonctions essentielles (climatisation, essuie-glaces, dégivrage), estimant que le « tout tactile » déconcentre dangereusement les conducteurs.

Plus radical encore, les volants de type « yoke » (rectangulaires) sont désormais interdits, car jugés inadaptés aux manœuvres d’urgence (20 minutes).

Assainissement du marché : plus de ventes à perte

Enfin, pour mettre fin à la guerre des prix destructrice qui ravage le secteur depuis deux ans, les autorités chinoises ont interdit la vente à perte. Les constructeurs sont désormais tenus de vendre leurs véhicules à un prix couvrant au moins leurs coûts de production.

Cette mesure vise à stabiliser l’industrie et à éviter les faillites en cascade, tout en limitant indirectement les accusations de dumping à l’exportation (20 minutes).

Sécurité, vols et vie de l’automobiliste en France

Le quotidien des conducteurs français en 2026 est marqué par une pression croissante, qu’elle soit technologique, financière ou liée à la délinquance.

Le fléau du vol électronique

Les chiffres sont alarmants : une voiture est volée toutes les 4 minutes en France (France Info).

Mais oublier les bris de glace ou les forçages de serrures, la délinquance est devenue numérique. Aujourd’hui, 89 % des vols sont réalisés via le piratage des systèmes électroniques (mouse jacking) (L’argus).

Les modèles les plus prisés des réseaux criminels ? Les SUV hybrides, avec en tête de liste le Toyota RAV4, suivi de près par les Lexus NX et UX. Cette situation pèse lourdement sur les primes d’assurance, qui continuent de grimper (France Info).

Le coût de l’électrique et la surveillance accrue

Pour la première fois, assurer une voiture électrique coûte plus cher qu’une thermique : 818 € en moyenne contre 715 €. Une hausse de 13 % en un an qui s’explique par le coût élevé des réparations sur les batteries (Le Figaro).

Côté répression, les radars automatiques franchissent une nouvelle étape. Désormais, lors d’un grand excès de vitesse (plus de 50 km/h), le système vérifie automatiquement si le véhicule est assuré. En cas de défaut d’assurance, la sanction s’ajoute à l’amende initiale (BFM Business).

Sécurité passive et ras-le-bol urbain

Volvo, fidèle à sa réputation, réinvente la ceinture de sécurité pour 2026. Constatant que 21 % des tués sur la route ne la portaient pas ou mal, la marque lance une ceinture multi-adaptative capable de s’ajuster parfaitement à toutes les morphologies pour éviter l’effet de sous-marinage (BFM Business).

Un progrès nécessaire dans un contexte où 85 % des Français se disent découragés par la conduite en ville, jugée de plus en plus stressante et contraignante (Le Progrès).

Insolite et dérives de la technologie

L’actualité automobile, c’est aussi des histoires surprenantes qui soulignent parfois les limites de la modernité.

Le cauchemar du « tout connecté »

L’histoire d’un propriétaire de Fisker Ocean en Angleterre fait froid dans le dos. Suite à la faillite du constructeur, l’application permettant les mises à jour logicielles a cessé de fonctionner.

Résultat : son SUV de 70 000 € est totalement immobilisé, transformé en une luxueuse brique technologique impossible à redémarrer. Un avertissement sérieux sur la pérennité des véhicules dépendants du cloud.

Le « jackpot » australien et les exclusivités Dacia

À l’autre bout du monde, la ville de Mansfield Shire va devoir rembourser 765 automobilistes verbalisés depuis 17 ans ! La commune appliquait le tarif maximal des amendes sans avoir fait voter la délibération en conseil municipal. Un trop-perçu de 20 000 € qui sera automatiquement reversé aux lésés.

Enfin, terminons sur une note plus légère avec les nouveautés Dacia. Alors que des clichés volés du futur break C-Neo (attendu pour concurrencer la Golf) circulent déjà après des tests dans l’Eure, la marque roumaine lance une série spéciale « Spirit of Sand » pour son Duster. Un clin d’œil à sa victoire historique au Dakar 2025, avec une finition robuste et des teintes sablées qui devraient s’arracher en concession.

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